Traverser ce sentier

6 04 2008

J’ai préféré heurter le « mute »isme de ma télécommande pour m’adresser à toi.  Tu ne me liras pas, mais ce qui sera ici, je te l’envoie et te le dédis.

 

Tu sais Poulet, je me reconstruis, jour après jour, sur ce que j’ai de meilleur et de pire.  J’ai passé bien du temps dans des bras confortables, certes, mais qui n’étaient pas pour moi.  On ne m’a pas maltraitée, c’est moi qui me suis blessée à me satisfaire de ce qui ne me convenait pas, du moins pas tout à fait. Je me suis leurrée si souvent. Maintenant je respire, je respire mieux.  Je connais de mieux en mieux mes limites, mes envies, ce que je cherche et ce que je fuis.  Quand tu croiseras ma route, je serai prête.

 

Prête comme je le pourrai. Parce que tu sais, je suis souvent malhabile.  Quand j’ai peur, je m’emporte et je mets mes jolis petits pieds dans ma bouche, souvent les deux simultanément.  Et quand ça sent la soupe chaude, je suis toujours tiraillée entre l’idée de souffler dessus pour la faire refroidir ou lancer drastiquement le bol contre le mur. Je cours alors un demi-marathon en stiletto, peu importe la direction, tant qu’elle m’éloigne de lui, et bientôt de toi. Et tu sais, quand c’est lui qui fuit, et bien je me rappelle que tout est relatif, que son mouvement pourrait tout aussi bien être le mien, que sa course s’orchestre de façon immobile et que la seule constante est que la distance entre lui et moi augmente en même temps que rétrécie l’inconfort. J’ai beau gagné en maturité relationnelle, j’ai toujours un peu de mal avec le rejet, encore plus qu’avec mon besoin de plaire.  J’aime plaire en premier et me demander par la suite si je suis intéressée. Le charme est pour moi un exercice de style.  Le rejet est plus facile quand on ne tente que de plaire pour la forme, sans se poser de questions. Je me protège constamment. Et puis, si le regard de l’autre ne me retourne pas l’intérêt, je poursuis mon chemin la tête haute sans questionnement ni déception.  Et puis si je plais, je m’inquiète de devoir prendre rapidement le pouls réel de mon intérêt pour ne pas laisser l’autre patauger dans mon flou émotif. 

 

Tu vois, je suis un peu casse-pieds.  Mais n’aies crainte, je sais être charmante et présenter mes vrais faux plis graduellement. De toute façon, tu ne me trouveras pas ici et tu ne me liras pas avant d’avoir traversé le sentier qui mène de la Charmante jusqu’à la réel Panique. Ne t’inquiète pas trop si le sol est jonché de cadavres, toi, tu sauras le traverser jusqu’au bout.


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4 réponses vers “Traverser ce sentier”

7 04 2008
Stephane (09:56:18) :

Ah, plaire pour la forme.

Si ce n’était pas du fait que je me sente mal ensuite d’avoir ‘misleader’, c’est une activité qui me fait sentir bien.

Charmer pour mieux s’effacer, quand on y pense, c’est définitivement les ingrédients d’une perte à venir.

7 04 2008
Panique En Stiletto (09:59:45) :

@Stephane :C’est bien mon problème; cette sensation d’avoir été trop loin sans intérêt qui fait si mal. Je ne sais pas si cest annonciateur d’une perte, mais disons que ce n’est pas la meilleure façon de s’en faire des amis!

7 04 2008
Stephane (10:13:21) :

It comes around à ce qu’il parait.

Une fille à qui j’ai fais le coup, dans mes ‘belles’ années de Cegep, semble avoir passer l’éponge et me considère comme son ‘ami’ après m’avoir maudit en silence pendant des années.

C’est étrange tout ça, a vouloir être laissez tout seul, on n’attire les gens. Parfois, je m’y perds…

7 04 2008
Panique En Stiletto (18:44:17) :

@Stephane: aaaaaaaaaah moi je fais la grève!

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